Michel Corvin, homme de théâtre, est mort

(...) Les choix de  Michel Corvin représentaient une aide toujours fiable et bien nécessaire à l'œuvre tourmentée bien que si souvent comique de Roland Dubillard. La curiosité vive et la flamme avec lesquelles Michel transmettait ses convictions littéraires et théâtrales permettaient à tant d'étudiants,d'artistes,d'auditeurs de tant de pays à saisir le génie spécifique du théâtre qu'il défendait. Dubillard souvent parlait ( et tant d'autres artistes aussi ) de sa reconnaissance et sa chance d'être compris et defendu par lui.

Michel a apporté un enthousiasme et un soutien  si humain lors de la création des "Amis de Roland Dubillard " que son impact a permis à beaucoup de jeunes de s'emparer du questionnement existentiel de l'œuvre de Dubillard si proche de leurs propres préoccupations 
La SARD gardera une fidélité toujours vive à la mémoire de Michel Corvin.
 
Maria Machado (Présidente)
 

 
Si l’œuvre de Roland Dubillard a suscité l’intérêt des chercheurs en études théâtrales et donné naissance à des analyses, des mémoires ainsi qu’à une thèse de doctorat, c’est grâce à Michel Corvin, professeur honoraire à l’Université Sorbonne Nouvelle Paris 3, ancien directeur de l’Institut d’études théâtrales, auteur d’ ouvrages de références uniques comme le Dictionnaire encyclopédique du théâtre (Bordas, 1991) et le Dictionnaire encyclopédique du théâtre à travers le monde, (Bordas, 2008). C’est Michel Corvin qui nous a tous guidés vers et dans les labyrinthes du langage théâtral et poétique de Roland Dubillard. C’est grâce à son soutien sans faille, sa présence et ses idées que le Groupe de recherche de la Société des Amis de Roland Dubillard est né en 2013, et que le premier colloque international et pluridisciplinaire dédié à Roland Dubillard a eu lieu en avril 2015.  Michel Corvin a ouvert ce colloque avec une conférence intitulée « Le dedans et le dehors ou l’être-là dans le théâtre de Dubillard », à la salle Bourjac de la Sorbonne Nouvelle, lieu prestigieux où il avait présidé de nombreuses soutenances de thèse, avec une force et une énergie impressionnantes. Il était présent à chaque moment de ce colloque de trois jours en ajoutant ses réflexions à chaque discours avec une précision et une exigence que ses élèves connaissent bien.
Il était un passionné du théâtre dans tous ses aspects : il habitait les salles de théâtre comme spectateur, sans relâche, et le spectacle vivant l’habitait et nourrissait son travail de théoricien et essayiste de théâtre, sans entracte. Il a théorisé les dramaturges, les courants de l’art théâtral, l’histoire du théâtre, partagé avec les autres passionnés du théâtre sa connaissance inépuisable, mais il retournait régulièrement à Roland Dubillard en lui consacrant tantôt un article, tantôt un chapitre de livre, comme le suivant, Le motif dans le tapis  qu’il m’avait  annoncé pour l’automne et qu’il ne verra pas sortir.
Michel Corvin nous a quittés soudainement, sans nous avertir, sans aucun signe de faiblesse. Il nous a légué sa curiosité de chercheur, son exigence de précision, mais surtout sa passion pour l’œuvre de Roland Dubillard. Il nous manque déjà.
(Csilla Jaray-Benn, Directrice du comité de recherche)