Actions socio-éducative et culturelle

Le festival « Rencontres Roland Dubillard »
 

Depuis 2008, l’Education Nationale a introduit Roland Dubillard dans le programme scolaire des collèges (à partir de la classe de la 6ème). La Société des Amis de Roland Dubillard mène depuis plusieurs années une action éducative et culturelle auprès d’établissements scolaires d’Ile de France, en partenariat avec la Compagnie de la Tangente, créée par Roland Dubillard, Maria Machado et Ariane Dubillard, fille de l’auteur et l’Association Lumières des Cinés (Danièle et Jean Ridereau). Cette action est soutenue par l’Académie de Versailles, le Conseil Général de l’Essonne et la Direction des Affaires Culturelles d’Ile-de-France.

Ce programme éducatif s’est déroulé  principalement autour de l’œuvre de Roland Dubillard : les Diablogues, et a donné lieu à plusieurs évènements publics, expositions, spectacles, films. Une représentation publique des Diablogues avec une quarantaine d’élèves des lycées et collèges de Mennecy et primaires de Vert-le-Grand s’est donnée à l’espace culturel Jean-Jacques Robert de Mennecy, - où La Tangente résida de 2009 jusqu'au quinze Décembre 2012.

 

Ce travail a eu des répercussions si positives dans la vie personnelle et scolaire de ces élèves que Monsieur le Président de la communauté de communes du val d’Essonne a eu l’idée de créer un festival Dubillard  et de le proposer à tous les collèges de l’Essonne.

Dans le cadre du festival des « Rencontres Roland Dubillard » prévu le 27 mai 2014 au Théâtre de l’Agora d’Evry, la Société des Amis de Roland Dubillard, en étroite collaboration avec la Compagnie de la Tangente et Lumières des cinés, effectue quinze heures d’intervention par mois dans six collèges de l’Essonne : cinq classes à « PAC » (Pratique Artistique et Culturel) et un atelier artistique au collège du Parc de Villeroy de Mennecy.

Le principal de ce collège de Mennecy, où l’action artistique est menée depuis trois ans nous dit : « les élèves ont été transformés durablement par cette expérience. Ils ont mené une réflexion sur la vie et ont acquis une dimension intellectuelle certaine. » Ce travail aide également remarquablement les élèves d’une SEGPA (Section d’Enseignement Général et Professionnelle Adaptée) et participe à la réinsertion scolaire des collégiens décrocheurs.

Le budget global de cette action socio-éducative et culturelle s’élève à 62160 euros, réparti sur une année scolaire. Un tiers de ce budget, soit 20 000 euros, reste à trouver dans le cadre de dispositifs de mécénat tournés vers l’Éducation et la Culture. 

Chaque atelier est animé par un comédien professionnel spécialiste de Dubillard et le professeur porteur du projet dans l’établissement.
Contenu pédagogique :
-Découverte des diablogues par la projection d’un film interprétés par les collégiens de Mennecy.
- Présentation de l’œuvre de Dubillard dans le contexte du théâtre contemporain ;
-Improvisations à partir des thèmes développés dans l’écriture des Diablogues.
-Expression corporelle, conscience du corps et de la relation à l’espace et au partenaire.
-Travail de la voix, du rythme et de l’écoute.

Lettre d'intention de Maria Machado pour le festival « Rencontres Dubillard »

Je me suis efforcée dans ma vie, depuis ma première jeunesse en Allemagne d’après-guerre, de connaitre et de mieu comprendre le mérite des grands hommes d’autrefois et de notre époque. ’ai toujours considéré cette tâche comme le mo en le plus sur pour garantir ma propre évolution.

Après l’irruption dans ma vie du génie de Roland Dubillard, j'ai dû bien sûr et très vite, être attentive à sa particulière difficulté d’être. Ce poète s’est toujours battu avec lui-même, il s'est habitué à porter une douleur profonde toute sa vie et à s’en distancier. Je devais, tout naturellement, tâcher de soutenir - parfois, avec succès, parfois, malhabilement - les étapes de son action littéraire et théâtrale. Entre 1968 et 1987, nous avons créé, sur scène, beaucoup de pièces ensemble. Après son accident vasculaire, j’ai lutté pour l’édition des Carnets en marge et de son oeuvre poétique parue chez Gallimard.

Maintenant que Roland Dubillard est entré dans l’histoire de la littérature, j'ai l'espoir que l’oeuvre se révéle dans sa complexité grâce au contact avec la jeune génération. Roland Dubillard insistait toujours sur le fait qu’il ne voulait pas faire une oeuvre mais une expérience. C’est le réel qui l’occupait et il s’est obstiné à rendre le réel neuf. Je veux le citer « le réel dépoussiéré de ce qui rend morne, réel un peu décalé pour accuser le trait, poussé à des extrémités conformes à la nature ; réel redevenu réel, après les traitements débilitants de l’habitude, paresse, conformisme, réel tiré du tombeau comme Lazare ressuscité, et, de ce fait, plus vivant que nature. » C’est exactement ce que les enfants et les adolescents, magiquement, font quand ils approchent les textes des Diablogues. lls vont d’étonnement en étonnement, ils ne sont pas prisonniers des clichés, puisque jouer la comédie est un jeu pour eux, et Dubillard, humoriste, possède un talent diabolique pour parodier tous les genres et tous les discours. Les enfants, dans leur osmose avec les situations, touchent au rôle capital du rire. La mise en scène doit juste donner un support, une base stratégique pour l’action, après, les enfants sont en état permanent d’improvisation, ils deviennent transparents puisqu’ils ne se prennent pas encore pour quelqu’un, et cette légèreté d’être fait résonner les textes de Roland dans une actualité scandaleuse. lls se reconnaissent dans la représentation. ll n’y a rien d’humain qui est étranger à la thématique de ces sketches quand on les découvre par le jeu. Cela a été une réelle surprise pour moi de constater que plus ils apprenaient le texte, plus ils étaient projetés dans le moment, dans ce risque du présent où il n’y a plus de peur.

Roland Dubillard va contribuer, comme tout grand poète avec son oeuvre, à ce que la nouvelle jeunesse, fasse les expériences si indispensables de la vie, après la perte menacante des valeurs sans lesquelles la vie humaine n’a aucun sens.

La collaboration avec l’Éducation Nationale a permis pour 2013- 2014, de créer Les Rencontres Roland Dubillard dans les collèges de l’Essonne, avec à la clef un festival prévu pour mai 2014. Le travail des «Enfants des Diablogues », mené depuis presque trois ans, aussi bien en représentation théâtrale que pour la télévision, peut servir de modèle.

Bien sûr, je travaille en osmose avec Ruche Vidéo et mon équipe de la Tangente depuis bientôt trois ans.
«Les Enfants des ia logues », pour 2013-2014, se donnent comme tâche de représenter dans ma mise en scène « ll ne faut pas boire son prochain » une pièce éminemment actuelle de Roland Dubillard. C’est excitant, pour ces enfants et pour moi, d’aller ainsi à la découverte de l’inconnu.

Maria Machado