Actions socio-éducative et culturelle

images naives hirondelles

 1/ Création et diffusion de la pièce « Naïves hirondelles » de Roland Dubillard au théâtre intercommunal d'Etampes et en Essonne :

Une musique : Naïves hirondelles, une chanson d'amour d'autrefois, une boutique vide et sombre. C'est le soir. Une très jeune immigrée frappe à la porte ; elle cherche du travail.

Il n'y a personne, elle attend, angoissée et affamée.

Surgissent Bertrand, beau jeune homme un peu louche, puis Fernand, son ami-patron et amant occasionnel de Madame Séverin qui recueillera la jeune fille et lui donnera un emploi.

Par l'intrusion de l’étrangère dans ce curieux ménage à trois, la situation est déstabilisée...

Tous les quatre attendent quelque chose, est-ce l'amour ou quoi ?

Alors commence le manège tragi-comique, nous ne savons plus s'il vaut mieux rire au lieu de pleurer.

Naïves Hirondelles est une pièce qui surprend par son actualité. La revisiter au regard de notre monde est nécessaire et passionnant. En 1959, Dubillard nous laissait entendre, entre autre, à quel point une provinciale éprouvait des difficultés à venir s’installer à Paris. Il s’impose que dans le contexte actuel, la jeune fille devient l’immigrée qui vient chercher du travail en France.

On s’interroge alors sur le fait que notre société qui se veut confortable est peut-être plus mal à l’aise dans son rapport de terre d’accueil qu’elle ne veut bien l’avouer.

L’arrivée de cette « naïve hirondelle » sème le trouble, sans même le vouloir, dans l’ordre établi d’un monde déjà ébréché. Le mal être de celle qui a quitté son pays se greffe à celui de ceux qui sont chez eux, mais pas forcément heureux.

Finalement les deux plus jeunes s’enfuient on se sait où exactement, sans le sou, pour chercher un meilleur dans un ailleurs qui pourrait s’avérer pire encore.

Ceux qui restent attendent le retour de ceux qui sont partis, nourris par un ennui qui montre leur incapacité à profiter de leur existence.

La trouvaille de l’auteur, et pas des moindres, est de mettre en oeuvre les incidents les plus désespérants d’une manière profondément comique. Tout cela en vaut la peine malgré tout.

La pièce se prête particulièrement à un public jeune qui connaît déjà cette désillusion ambiante de laquelle on sauve sa peau en riant de soi et des autres.

La lycéenne, qui trouve là un rôle étonnamment juste fors de son histoire, se confronte avec une grande curiosité à la découverte du métier de comédienne auquel elle se destine.

L’équipe artistique et technique permet de faire émerger, par des médias contemporains, tels que l’exploration visuelle, sonore et spatiale, les points névralgiques du texte. Naïves Hirondelles explore le constat d’échec dans ses moindres recoins, et en plus c’est drôle.

Notre équipe se compose de :

Maria Machado, comédienne et metteuse en scène.

Nicolas Piot comédien.

Samuel Mercer, comédien et danseur.

Rokaya Amribet, jeune lycéenne faisant ses premiers pas avec des professionnels sur une scène de théâtre. Des créateurs éclectiques tels que :

Christophe Vallaux décorateur et collaborateur d'Agnès Varda,

Guillaume Tiger jeune chercheur et designer son et musique et professeur à l'IRCAM,

Gersende le Gars créatrice de costumes Tv-ciné-pub-théâtre,

Alexandra Radulescu media et interaction designer,

Jean Ridereau création lumières,

Charlottes Escamez collaboratrice artistique,

Mathilde Guzo jeune diplômée en médiation culturelle et assistante à la mise en scène.

21 Projet de master class dans un lycée autour de Naïves hirondelles.

Exemple de master class :

Séance 1 : classe entière.

Présentation du projet : ce premier moment de rencontre permet de présenter l'association La Tangnete ainsi que le projet, d’échanger avec les élèves sur les métiers de la création artistique et plus particulièrement sur le parcours d’un écrivain. Pour une perception plus concrète du projet, Maria Machado-Dubillard présente l’auteur Roland Dubillard avec des livres (pièces et poésies) et des interviews de Roland Dubillard sur son travail d’écriture.

Intervenant artistique :

  • Maria Machado-Dubillard, metteure en scène et comédienne (Compagnie la Tangente).

Séance 2, 3 : classe entière.

Lecture de différents textes et explications du processus d’écriture de Roland Dubillard.

Travail du jeu d’acteur et de la mise en scène, quelques-uns d'entre eux liront des poésies lors du printemps des poètes ou tout autre exposition ou rencontre.

Séance 4,5 : demi-groupe.

Mise en situation pour l’épreuve orale du BAC avec les conseils de Maria Machado-Dubillard sur le comportement, la présentation et l’explication de texte de l’élève. Création d’un jury avec les élèves, travail en commun et critiques constructives.

Sortie : classe entière.

Sortie au théâtre :

  • visite du théâtre ; les élèves assistent à une séance de répétitions de « Naïves hirondelles » : échange « comédiens-lycéens » sur le parcours professionnel de l'acteur, la formation, le processus de création d'une pièce de théâtre...

  • Les élèves assistent à une représentation de Naïves hirondelles.

Intervenant artistique :

Maria Machado-Dubillard et la troupe de comédiens.

Le jour de la diffusion :

Une dizaine de lycéens sont sélectionnés parmi les élèves des masters class. Ils participent à la diffusion de la pièce et travaillent en binôme sur les postes de décorateur, éclairagiste, costumier, machiniste ...

Chaque jeune (lycéen ou jeune de la Mission Locale) aura choisi un métier, il sera pris en charge par un professionnel.

Lieu : à définir

Date : à définir, une diffusion scolaire, une diffusion tout public.

Public : tout public

L’historique du partenariat « Lumières des cinés- La Tangente » autour de l’œuvre de Roland Dubillard :

Lumières des cinés et la Compagnie de la Tangente réalisent des projets théâtraux et audiovisuels depuis 2011 avec un public de collégiens, de lycéens ou d’étudiants ouvert à tout public.

  • 2011, 2012, 2013, création théâtrale et audiovisuelle adaptée des Diablogues de Roland Dubillard. «Les Diablogues» sont montés au théâtre de Mennecy et au théâtre du Palais Royal à Paris.

La Compagnie la Tangente et Lumières des cinés conceptualisent une mise en scène entremêlant théâtre, documents vidéo réalisés pendant la création du projet en utilisant également des archives de l’INA (extraits d’interviews, de pièces et de films avec Roland Dubillard).

  • Mars 2013 co-réalisation Lumières des cinés, la Tangente et Full Time Prod d’une mini-série « les Enfants des Diablogues » à partir d’une adaptation des Diablogues de Roland Dubillard réalisée par Maria Machado et Jean Ridereau. 12 Diablogues sont réalisés dans le collège Parc de Villeroy de Mennecy, mis à la disposition par le Département de l’Essonne avec des enfants et des adolescents essonniens faisant parti de l’atelier de création de Maria Machado.

  • Année scolaire 2013-2014, co-réalisation Lumières des cinés - la Tangente du « Festival Roland Dubillard » organisé par le théâtre de l’Agora, scène nationale d’Evry réunissant 5 classes dont 1 SEGPA de collèges essonniens (mise en scène Maria Machado, concept audiovisuel Lumières des cinés).

  • Avril 2015, « Si Camille me voyait » de Roland Dubillard avec des extraits du Pierrot Lunaire d’Arnold Schoenberg mis en scène par Maria Machado au théâtre du Rond-Point, lors du colloque international « Roland Dubillard, Homme de Douleur et de Rire ».

Lumières des cinés y crée l’habillage vidéo et la lumière du spectacle.

Novembre 2015, Festival theaterfilmfest Fiktiva, Dusseldorf (Dortmund), projection des Enfants des Diablogues en version française sous-titrée.

  • Mars 2016, lors du Printemps des Poètes le festival ciné poème diffuse en ouverture « Les enfants des Diablogues » à la médiathèque Maupassant de Bezons en île de France.





Le festival « Rencontres Roland Dubillard »

Depuis 2008, l’Education Nationale a introduit Roland Dubillard dans le programme scolaire des collèges (à partir de la classe de la 6ème). La Société des Amis de Roland Dubillard mène depuis plusieurs années une action éducative et culturelle auprès d’établissements scolaires d’Ile de France, en partenariat avec la Compagnie de la Tangente, créée par Roland Dubillard, Maria Machado et Ariane Dubillard, fille de l’auteur et l’Association Lumières des Cinés (Danièle et Jean Ridereau). Cette action est soutenue par l’Académie de Versailles, le Conseil Général de l’Essonne et la Direction des Affaires Culturelles d’Ile-de-France.

Ce programme éducatif s’est déroulé  principalement autour de l’œuvre de Roland Dubillard : les Diablogues, et a donné lieu à plusieurs évènements publics, expositions, spectacles, films. Une représentation publique des Diablogues avec une quarantaine d’élèves des lycées et collèges de Mennecy et primaires de Vert-le-Grand s’est donnée à l’espace culturel Jean-Jacques Robert de Mennecy, - où La Tangente résida de 2009 jusqu'au quinze Décembre 2012.

 

Ce travail a eu des répercussions si positives dans la vie personnelle et scolaire de ces élèves que Monsieur le Président de la communauté de communes du val d’Essonne a eu l’idée de créer un festival Dubillard  et de le proposer à tous les collèges de l’Essonne.

Dans le cadre du festival des « Rencontres Roland Dubillard » prévu le 27 mai 2014 au Théâtre de l’Agora d’Evry, la Société des Amis de Roland Dubillard, en étroite collaboration avec la Compagnie de la Tangente et Lumières des cinés, effectue quinze heures d’intervention par mois dans six collèges de l’Essonne : cinq classes à « PAC » (Pratique Artistique et Culturel) et un atelier artistique au collège du Parc de Villeroy de Mennecy.

Le principal de ce collège de Mennecy, où l’action artistique est menée depuis trois ans nous dit : « les élèves ont été transformés durablement par cette expérience. Ils ont mené une réflexion sur la vie et ont acquis une dimension intellectuelle certaine. » Ce travail aide également remarquablement les élèves d’une SEGPA (Section d’Enseignement Général et Professionnelle Adaptée) et participe à la réinsertion scolaire des collégiens décrocheurs.

Le budget global de cette action socio-éducative et culturelle s’élève à 62160 euros, réparti sur une année scolaire. Un tiers de ce budget, soit 20 000 euros, reste à trouver dans le cadre de dispositifs de mécénat tournés vers l’Éducation et la Culture. 

Chaque atelier est animé par un comédien professionnel spécialiste de Dubillard et le professeur porteur du projet dans l’établissement.
Contenu pédagogique :
-Découverte des diablogues par la projection d’un film interprétés par les collégiens de Mennecy.
- Présentation de l’œuvre de Dubillard dans le contexte du théâtre contemporain ;
-Improvisations à partir des thèmes développés dans l’écriture des Diablogues.
-Expression corporelle, conscience du corps et de la relation à l’espace et au partenaire.
-Travail de la voix, du rythme et de l’écoute.

Lettre d'intention de Maria Machado pour le festival « Rencontres Dubillard »

Je me suis efforcée dans ma vie, depuis ma première jeunesse en Allemagne d’après-guerre, de connaitre et de mieu comprendre le mérite des grands hommes d’autrefois et de notre époque. ’ai toujours considéré cette tâche comme le mo en le plus sur pour garantir ma propre évolution.

Après l’irruption dans ma vie du génie de Roland Dubillard, j'ai dû bien sûr et très vite, être attentive à sa particulière difficulté d’être. Ce poète s’est toujours battu avec lui-même, il s'est habitué à porter une douleur profonde toute sa vie et à s’en distancier. Je devais, tout naturellement, tâcher de soutenir - parfois, avec succès, parfois, malhabilement - les étapes de son action littéraire et théâtrale. Entre 1968 et 1987, nous avons créé, sur scène, beaucoup de pièces ensemble. Après son accident vasculaire, j’ai lutté pour l’édition des Carnets en marge et de son oeuvre poétique parue chez Gallimard.

Maintenant que Roland Dubillard est entré dans l’histoire de la littérature, j'ai l'espoir que l’oeuvre se révéle dans sa complexité grâce au contact avec la jeune génération. Roland Dubillard insistait toujours sur le fait qu’il ne voulait pas faire une oeuvre mais une expérience. C’est le réel qui l’occupait et il s’est obstiné à rendre le réel neuf. Je veux le citer « le réel dépoussiéré de ce qui rend morne, réel un peu décalé pour accuser le trait, poussé à des extrémités conformes à la nature ; réel redevenu réel, après les traitements débilitants de l’habitude, paresse, conformisme, réel tiré du tombeau comme Lazare ressuscité, et, de ce fait, plus vivant que nature. » C’est exactement ce que les enfants et les adolescents, magiquement, font quand ils approchent les textes des Diablogues. lls vont d’étonnement en étonnement, ils ne sont pas prisonniers des clichés, puisque jouer la comédie est un jeu pour eux, et Dubillard, humoriste, possède un talent diabolique pour parodier tous les genres et tous les discours. Les enfants, dans leur osmose avec les situations, touchent au rôle capital du rire. La mise en scène doit juste donner un support, une base stratégique pour l’action, après, les enfants sont en état permanent d’improvisation, ils deviennent transparents puisqu’ils ne se prennent pas encore pour quelqu’un, et cette légèreté d’être fait résonner les textes de Roland dans une actualité scandaleuse. lls se reconnaissent dans la représentation. ll n’y a rien d’humain qui est étranger à la thématique de ces sketches quand on les découvre par le jeu. Cela a été une réelle surprise pour moi de constater que plus ils apprenaient le texte, plus ils étaient projetés dans le moment, dans ce risque du présent où il n’y a plus de peur.

Roland Dubillard va contribuer, comme tout grand poète avec son oeuvre, à ce que la nouvelle jeunesse, fasse les expériences si indispensables de la vie, après la perte menacante des valeurs sans lesquelles la vie humaine n’a aucun sens.

La collaboration avec l’Éducation Nationale a permis pour 2013- 2014, de créer Les Rencontres Roland Dubillard dans les collèges de l’Essonne, avec à la clef un festival prévu pour mai 2014. Le travail des «Enfants des Diablogues », mené depuis presque trois ans, aussi bien en représentation théâtrale que pour la télévision, peut servir de modèle.

Bien sûr, je travaille en osmose avec Ruche Vidéo et mon équipe de la Tangente depuis bientôt trois ans.
«Les Enfants des ia logues », pour 2013-2014, se donnent comme tâche de représenter dans ma mise en scène « ll ne faut pas boire son prochain » une pièce éminemment actuelle de Roland Dubillard. C’est excitant, pour ces enfants et pour moi, d’aller ainsi à la découverte de l’inconnu.

Maria Machado